Andrada

Le culot et le pouvoir des mots

Sacrée bout de femme que la belle Andrada, maman de 34 ans, migrante roumaine.

Arrivée en France à l’âge de 15 ans pour suivre la carrière de son papa qui travaillait dans la recherche en na-no-technologie , elle n’avait aucunes notions de la langue , bien qu’elle fut assez douée dans ce domaine puisqu’elle parlait déjà 4 autres langues , l’italien, l’espagnol, l’anglais et bien sur, le roumain, ainsi que des bases conséquentes de portugais et d’allemand.

Très vite elle s’est rendu compte que cette barrière du langage était un véritable handicap , surtout dans sa scolarité française.

Son caractère bien trempé se forgera dès lors, car ce problème de langue aura aussi pour conséquence d’être confrontée au racisme.

« En seconde, je me souviens d’un camarade de classe qui voulait me foutre sur la tronche dès que je tentais de parler français. Du coup je lui ai dit la même chose, à savoir que je lui mettrai une raclée quand il parlera son très mauvais anglais. Je lui ai alors proposé avec humour d’échanger nos savoirs. Je lui apprend l’anglais, il m’ apprend le français!!».

Je suis une emmerdeuse!!

Andrada n’est pas une femme comme les autres. Elle est profondément accomplie car toute sa vie elle s’est battue pour imposer son féminisme roumain, sa belle identité, ses valeurs.

Elle sent en elle une profonde envie de faire du social, car dit-elle « je veux traiter les gens, comme j’aimerais qu’on m traite».

Elle se sent investie et aimerait amener sa pierre à l’édifice pour aider les gens. Car elle se sent riche de rencontres, cela la fait grandir.

«Je veux tirer les gens par le haut, même si je ne sais par où commencer!».

Mais pour arriver à ça, elle n’hésitera pas à affirmer son caractère particulièrement dans le milieu scolaire ou elle imposera sa volonté de filière confrontée aux plus hautes instances. Et elle gagnera!!

Et c’est naturellement suite à un job d’été que sa carrière se révélera dans le milieu de la restauration ou après un travail acharné et reconnu, elle finira comme responsable qualité après avoir gravi les échelons comme celui d’assistance manager dans des hôtels 4 étoiles. Rien que ça !

Elle en a bavé toutefois car souligne t’elle , « le fait d’être roumaine, quand tu es jeune serveuse, on pense tout de suite que tu peux prodiguer d’autres services….»

Andrada à toujours tout fait au culot même si cela la tétanise. Et à chaque fois, elle gagne.

Ainsi bac en poche, haut la main, maîtrisant le français, elle ira au culot se faire embaucher en CDI dans un grand complexe hôtelier troyen et de se livrer en même temps à un bac+2, BTS, qu’elle obtiendra avec 16 de moyenne.

Elle ira même jusqu’en finale du concours MOF hôtellerie en 2018.

La carrosserie et le moteur.

Ne vous fiez pas à sa gouaille. Andrada est une boite à bisous.

Elle est profondément humaniste et aime l’autre.

Elle ne supporte pas l’injustice et va toujours au bout de ce qu’elle souhaite dans le respect d’autrui.

Elle aime discuter, échanger surtout avec ceux qui la contredise car dit-elle « je peux du coup apprendre et changer d’avis ».

Femme accomplie, mariée à un tireur de précision de l’armée Française, maman câline d’un petit garçon, elle n’hésite pas à dire aux femmes de se remettre en question, de mettre la main à la pâte pour faire bouger les choses, s’investir et agir. Car elle se sent concernée au plus haut point par la condition féminine.

« Je suis un peu comme un colibri, qui seul ne peut construire mais qui à besoin de beaucoup de petits becs autour, pour ériger un nid».

En tant qu’ intervieweuse pour Culture Prems, c’est un honneur de la compter parmi mes amies.

Respect!!