JONATHAN SOTTAS JOURNALISTE RADIO POUR NRJ TROYES

Jonathan à répondu à nos questions sur son parcours et son métier au quotidien.

Peut tu nous expliquer en quoi consiste ton métier de journaliste radio ?

C’est très simple, je raconte l’actualité à la fois telle que je la perçois tous les jours, ce qui intéresse aussi les auditeurs types qui écoutent NRJ, et ce qui serait aussi susceptible de les toucher ou interpeller.

C’est un savant cocktail car on est là pour relater ce qui se passe, tout en faisant en sorte que les gens ne nous fuient pas. Si en plus ils tendent l’oreille, s’ils nous écoutent plutôt que de nous entendre, alors là, c’est le top! J’essaie de parler de tout ce qui touche le quotidien des gens à Troyes, dans l’agglo troyenne et dans l’Aube ; infos pratiques, vie associative, vie étudiante, culture, sport…Quelques grosses infos nationales et internationales quand cela touche aussi le quotidien des gens.

Et je donne aussi la parole à beaucoup de gens à travers des extraits d’interviews que je diffuse. On cherche du témoignage utile, positif, qui fait avancer les choses.

Et concrètement, c’est quoi une journée type chez NRJ ?

Le premier défi; se lever tôt! ( Rires) Réveil à 4h30 du matin pour être à 5h à la radio. Là, je prends un café, je fais le tour de la presse locale avec mon collègue de Chérie FM ( radio du groupe NRJ) et on voit ce qui pourrait s’ajouter à nos infos du matin.

On écrit, on regarde aussi les infos nationales et internationales que nous envoient nos collègues, et on attaque la matinale. Entre 6h et 9h, j’ai 7 flashs de 2mn50 à assurer. J’essaie globalement d’avoir une grosse info commune puis je varie les sujets. Et dans l’écriture que 3 ou 4 flashs ne se ressemblent pas le matin de façon à ne pas lasser les gens.

En parallèle, quelques coups de fils à des amis du réseau NRJ présents dans d’autres villes pour passer un peu le temps. Et puis la mise à jour du Facebook NRJ Troyes, avec un condensé de l’actu du jour.

Ensuite après le 9h, là je fais déjà le point sur la matinale du lendemain, j’écris déjà quelques petites infos, j’anticipe, je monte et j’écris les sujets avec extraits d’interview que je diffuse le lendemain ( parfois j’en monte dans la journée quand il y a des reportages que je dois urgemment diffusés le lendemain, ou même le matin même à 5h, quand c’est du football par exemple).

Et puis il y a donc le temps de recherche de sujets, de reportages, de conférences de presse, ou d’interviews en studio. Tout ça pour alimenter en petites brèves ou reportages les flashs infos. La journée peut être calme ou dense, ça dépend des périodes.

J’ai choisi de ne pas me limiter car j’adore le terrain, mais il faut quand même se réserver un peu de temps pour une sieste en journée, et un peu de temps à soi aussi pour souffler et couper avec l’actualité.

Faites ce métier s’il vous passionne. Moi, j’ai fait le choix de rester à Troyes parce c’est justement ce qui m’intéressait, raconter ce qui se passe près de chez moi auprès d’auditeurs que je connais bien. C’est mon moteur au quotidien.

Qu’est ce qui ta poussé a faire du journalisme ?

La passion de la radio en premier. J’ai grandi avec ce médias, avec Fun, Sky, NRJ quand j’étais ado, puis avec des radios plus adultes par la suite. La passion de l’information également, j’ai toujours été un mordu d’actualité ( presse papier, journaux télévisés, grands reportages, radio…)…

La passion de l’actualité locale, parce que tout ce qui se passe ici m’a toujours beaucoup intéressé. La passion du micro, et bien sur la passion des rencontres hyper enrichissantes qu’on peut faire dans ce métier.

Tu as fais une école de journalisme?

J’ai fait une école spécialisée dans les métiers de la radio qui s’appelle le Studio École de France. Elle est située aujourd’hui à Issy Les Moulineaux en région parisienne, et elle propose notamment une filière de journalisme en Bac+3 aujourd’hui.

Une anecdote a nous raconter lors d’une interview  ?

Il y a toujours des moments particuliers qui peuvent toucher, comme ces interviews avec des étudiants il y a quelques jours à l’épicerie sociale Agorae, qui sont en grande difficulté financière avec le Covid…

Il y a aussi ces interviews de grands comédiens français, certains très sympathiques, d’autres moins, d’autres très lunatiques. Dany Boon par exemple, donne rarement d’interviews lors de ses déplacements. On était 4 journalistes, on ne devait pas l’avoir lors de sa venue pour une avant première dans les cinémas troyens, et là je commence à discuter de son film avec lui ( Raid Dingue), j’étais le seul à l’avoir vu en avant première.

Le feeling passe et on se retrouve à improviser une interview avec lui. Ça c’est cool. Il y a aussi ces montées avec l’Estac, les ambiances de vestiaires, les réactions émues des joueurs et de tous ces gens dans l’ombre qui donnent beaucoup de leurs temps pour leur passion ….

C’est quoi ta vision sur les médias en général ?

C’est un secteur en crise complète. La difficulté de conserver un modèle économique viable rend difficilement tenable le maintien de moyens humains indispensables pour effectuer du bon travail et prendre le temps de bosser ses sujets.

Tout est tiré vers le bas, les objectifs commerciaux prennent le pas sur l’éditorial… Heureusement, il y a encore des niches sur internet, des gens qui essaient de réinventer le genre, comme ce qui est développé avec l’association Culture Prems qui donne la parole à des gens qui ne l’ont pas toujours et qui ont pourtant beaucoup de choses à partager et à raconter et ça c’est cool !

As tu un conseil a donner a des jeunes qui souhaitent se lancer dans le métier ?

Ne faites pas ce métier pour l’argent. Très peu de journalistes gagnent bien leur vie. Il faut être dans des postes à responsabilités, souvent travailler à Paris dans un grand média, ou aller de régions en régions travailler dans des conditions parfois précaires au départ, faire des sacrifices de vie, galérer de piges en piges pour différents médias afin d’avoir un salaire décent ….

Globalement, la carrière moyenne d’un journaliste est de 15ans avant une éventuelle reconversion. C’est dire si le journalisme est usant. Faites ce métier s’il vous passionne. Moi, j’ai fait le choix de rester à Troyes parce c’est justement ce qui m’intéressait, raconter ce qui se passe près de chez moi auprès d’auditeurs que je connais bien. C’est mon moteur au quotidien.